Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Philippe Vitel
Question N° 17670 au Ministère des sports


Question soumise le 5 février 2013

M. Philippe Vitel attire l'attention de Mme la ministre des sports, de la jeunesse, de l'éducation populaire et de la vie associative sur la dérive affectant le sport et consistant à afficher sa pratique religieuse. C'est aujourd'hui une question cruciale qui se pose alors que de nombreuses institutions internationales, et non des moindres, abandonnent progressivement la règle de la neutralité, autorisant ainsi implicitement les athlètes à afficher leur appartenance religieuse. Cette modification des règlements sportifs est discriminatoire à l'égard des autres athlètes, hommes et femmes, chrétiens, musulmans, juifs, bouddhistes, hindouiste, qui respectent la neutralité sportive. De nombreux exemples peuvent être donnés tels que la FIFA autorisant le hidjab sur les terrains de football (seulement pour les femmes). Au niveau national, les conséquences de cette dérive ont eu des répercussions récentes dans les milieux sportifs universitaires : trois étudiantes sont arrivées voilées en cours de sport de l'UFR STAPS de l'université de Rouen. Aussi, il lui demande de préciser sa position et celle du Gouvernement sur plusieurs propositions qui ont été faites dernièrement pour lutter contre cette dérive : interdire les pratiques discriminatoires à l'égard d'athlètes manifestant le refus de pratiquer tel ou tel sport pour des raisons religieuses et l'exigence d'hidjab ou d'une tenue couvrante non justifiée par la discipline sportive ; interdire aux équipes françaises de rencontrer des équipes étrangères qui imposeraient de telles discriminations à leurs membres et de les recevoir sur le territoire français ; interpeller le CIO, la FIFA et les fédérations internationales prévoyant des dérogations ciblant les athlètes de certaines confessions religieuses. Le sport doit absolument conserver son caractère universel sans distinction religieuse entre les athlètes. Il demande quelles sont les positions du Gouvernement relatives à l'ensemble de ces questions et à cette dérive religieuse constatée dans certains milieux sportifs qu'ils soient de haut niveau, professionnel ou simplement amateur.

Réponse émise le 9 avril 2013

La position du Gouvernement est claire : on ne porte pas de voile pour faire du sport. Un terrain de football, un stade, un gymnase, un dojo ne sont pas des lieux d'expression politique ou religieuse. Ce sont des lieux de neutralité où doivent primer les valeurs du sport : l'égalité, la fraternité, l'impartialité, l'apprentissage du respect de l'arbitre, de soi-même et de celui d'autrui. Il appartient donc au mouvement sportif français de faire en sorte que les règlements respectent ces valeurs, tout en garantissant l'absence de discrimination et une stricte égalité hommes-femmes. En effet, nul ne doit être écarté de la pratique sportive en raison de ses opinions religieuses ou politiques. Le sport est un formidable levier d'intégration, de lutte contre l'échec scolaire, d'émancipation et de réduction des inégalités sociales et culturelles. Le Gouvernement et l'ensemble des acteurs du monde sportif restent vigilants, mobilisés et déterminés à empêcher que le sport ne devienne un lieu de tensions, de sexisme ou d'exclusion.

1 commentaire :

Le 03/10/2013 à 12:08, laïc a dit :

Avatar par défaut

La neutralité, c'est de ne pas prendre en compte la spécificité religieuse de l'élève. Donc, que l'on puisse deviner la religion de l'élève n'est aucunement attentatoire à la neutralité. En revanche, que l'Etat s'appuie sur une distinction religieuse pour en faire un élément d'exclusion revient pour l'Etat en enfreindre sa propre neutralité vis-à-vis de la religion, et c'est donc bien ici l'Etat qui, pour reprendre une expression sportive, est "hors-jeu". La laïcité permet à l'élève de pratiquer le sport qu'il veut sans pour autant s'attacher à ôter ses signes religieux, sauf si ces signes religieux sont une entrave à la pratique d'un sport déterminé, mais encore faudra-t-il prouver que le signe religieux empêche effectivement la pratique du sport concerné. Personnellement, j'ai déjà vu une jeune fille pratiquer la natation avec un foulard islamique, tandis que l'on pouvait voir par ailleurs son corps... Donc tous les goûts sont dans la nature, à l'Etat s'assumer sa neutralité et de ne pas intervenir à tort et à travers quand sa neutralité le lui interdit.

Vous trouvez ce commentaire constructif : non neutre oui

Inscription
ou
Connexion