Intervention de Emmanuel Macron

Séance en hémicycle du 17 mai 2016 à 15h00
Questions au gouvernement — Soutien aux entreprises de taille intermédiaire

Emmanuel Macron, ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique :

Monsieur le député, vous avez fort bien décrit la situation et ce qui sépare la France et l’Allemagne. Si l’on compare les deux pays, nous n’avons en France qu’un tiers environ des entreprises de taille intermédiaire – ETI – que nous devrions avoir. Pourquoi ? Comment agir ?

La première réponse est de reconstituer les marges des entreprises : quand les entreprises n’ont pas de marges, elles ne peuvent pas investir, embaucher et croître. Ce fut l’objectif du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi – le CICE – et du pacte de responsabilité et de solidarité. Grâce à eux, nous avons rattrapé les deux tiers de notre retard historique.

La deuxième réponse est de se positionner sur les marchés de moyen et haut de gamme, qui permettent de créer de la valeur ajoutée et de croître – car c’est cela, avant tout, la force du modèle allemand. Cet objectif est au coeur de la « Nouvelle France industrielle » et, en particulier, de l’« Industrie du futur ». Pour l’atteindre, nous avons donné la priorité à l’investissement productif, en concentrant les moyens de la Banque publique d’investissement et nos interventions sur une montée en gamme dans des secteurs prioritaires : 2 000 PME, TPE et ETI seront accompagnées d’ici à la fin de l’année, au-delà du soutien au financement ; plus de 2 milliards de crédits de la Banque publique d’investissement seront concentrés sur la Nouvelle France industrielle afin de réussir cette transformation. C’est aussi ce qui a présidé à la décision, en avril 2015, de mettre en oeuvre un suramortissement fiscal qui permette, comme vous le proposez, d’amortir 140 % de l’investissement réalisé et, ce faisant, de réduire de près de 14 points l’impôt sur les sociétés payé en cas d’investissement productif. Le Premier ministre l’a annoncé il y a quelques semaines : il a décidé de proroger cette mesure pour un an, jusqu’en avril 2016.

Enfin, il faut permettre aux investisseurs de réinvestir dans leur propre entreprise. C’est ce que nous avons décidé l’année dernière et que nous consoliderons cette année dans le cadre des suites de la mission Dombre Coste. Nous avons tenu une réunion sur le sujet ce matin encore...

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