Intervention de Jean-Marie Tetart

Séance en hémicycle du 10 décembre 2014 à 15h00
Questions au gouvernement — Aide publique au développement

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-Marie Tetart :

Monsieur le Premier ministre, ma question porte sur la dégradation de notre politique d’aide au développement, dont nous pouvions pourtant être fiers autrefois. Avec les acteurs de l’aide publique au développement, je suis en effet inquiet du désengagement français, car une réduction de 89 millions d’euros est prévue en 2015. Je suis encore plus inquiet de la dégradation croissante de l’aide en santé, alors que l’épidémie d’Ebola devrait nous conduire à l’accroître et aussi que nous nous apprêtons à célébrer le deuxième anniversaire de la résolution de l’ONU sur la couverture universelle, défendue par la France. Je suis inquiet aussi de la récupération, comme variable d’ajustement budgétaire, de la « taxe Chirac » consacrée à la tuberculose, au paludisme et au sida. Enfin, je m’inquiète de l’avenir des programmes Muskoka, dédiés à la santé maternelle et infantile, et des programmes GAVI, consacrés à la vaccination.

La France est pourtant le quatrième contributeur souverain au programme GAVI pour la période 2011-2015, avec 360 millions d’euros. GAVI est unanimement reconnu pour son impact sur la santé des mères et des enfants, car il permet une réduction drastique du prix des vaccins. Les résultats sont probants : le prix du vaccin pentavalent a été réduit de 65 % par rapport à 2003, et Sanofi Pasteur a investi 25 millions d’euros pour doubler la production du vaccin contre la fièvre jaune suite à une sollicitation de GAVI. Au mois de janvier prochain sera fixée la reconstitution des ressources pour la prochaine période quinquennale, afin de vacciner 300 millions d’enfants, majoritairement dans des pays qui sont des bénéficiaires prioritaires de l’aide française.

Nous vivons donc un moment crucial pour la santé mondiale. Dès lors, qu’attendre de la France ? Honorera-t-elle en 2014 son solde d’engagement de 27 millions d’euros envers GAVI ? Prendra-t-elle de nouveaux engagements pour la période 2016-2020, et à quelle hauteur ? Qu’attendre d’elle pour la poursuite du programme Muskoka après 2015 ? Moins d’argent pour la santé aujourd’hui, c’est davantage de dépenses pour l’urgence et l’aide au développement demain. Pensez-y, monsieur le Premier ministre !

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