Intervention de Marisol Touraine

Séance en hémicycle du 11 février 2014 à 9h30
Questions orales sans débat — Prise en compte des personnes handicapées à la télévision et au cinéma

Marisol Touraine, ministre des affaires sociales et de la santé :

Madame Marianne Dubois, à l’occasion de la Commission nationale culture et handicap du 14 janvier dernier, présidée par la ministre de la culture et de la communication, Aurélie Filippetti, et la ministre déléguée auprès de moi, chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion, Marie-Arlette Carlotti, cette dernière a en effet confirmé la nécessité de renforcer l’accès des personnes sourdes et malentendantes à l’information.

Des progrès considérables ont été réalisés ces dernières années en matière de sous-titrage des programmes télévisés : les chaînes publiques, ainsi que les principales chaînes privées, sous-titrent désormais la totalité de leurs programmes. En revanche, peu de programmes sont spécifiquement accessibles aux personnes sourdes et malentendantes communiquant en langue des signes française. Leur accès à l’information, et pas uniquement à celle-ci, en est compromis. Les trois chaînes d’information continue – LCI, BFM et Itélé – diffusent chacune quotidiennement, du lundi au vendredi, un journal interprété en langue des signes ; quelques programmes des chaînes publiques sont également accessibles dans cette langue. Mais il n’y a pas encore un journal télévisé diffusé à une heure de grande écoute. Aussi, un groupe de travail prévu par le comité interministériel du handicap a-t-il été installé avec les associations concernées et les chaînes de télévision. Il se réunira demain au ministère de la culture.

Par ailleurs, conformément aux décisions du comité interministériel du handicap, Marie-Arlette Carlotti signera cet après-midi même, au CSA, avec les écoles de journalisme et les chaînes de télévision et de radio, une charte pour le développement de l’accueil des étudiants handicapés dans le secteur audiovisuel. On constate en effet que seuls 0,4 % des personnes présentes à l’antenne ont un handicap visible ou exprimé.

L’accessibilité des films diffusés au cinéma fait également l’objet d’un important chantier du Gouvernement. Le Centre national du cinéma et de l’image animée dispose désormais d’un fonds destiné à soutenir les producteurs de films français pour qu’ils rendent accessibles leurs films dès la post-production, avec le sous-titrage et l’audio-description. Depuis plusieurs semaines, la diffusion en salle de films français sous-titrés se développe avec des séances spécifiquement prévues à cet effet. Un groupe de travail examine par ailleurs les conditions de la reprise de cette accessibilité des films sur tous les autres supports. J’ajoute qu’un arrêté sur l’accessibilité des cinémas, tenant compte du sous-titrage et de l’audio-description, a été présenté à la Commission nationale culture et handicap le 14 janvier dernier.

Madame la députée, toutes ces questions s’inscrivent dans la feuille de route du Gouvernement décidée par le comité interministériel du handicap ; elles contribuent à la mobilisation de tout le Gouvernement, à commencer par celle du ministère des affaires sociales et de la santé, pour construire une société pleinement inclusive. Vous l’avez dit : la langue des signes doit faire partie des sujets qui nous rassemblent.

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