Intervention de Stéphane Mayer

Réunion du 30 novembre 2016 à 9h30
Commission de la défense nationale et des forces armées

Stéphane Mayer, président du groupement des industries de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres :

Monsieur Candelier, aucun membre du GICAT n'est impliqué dans l'A400M, et Airbus ne m'a fait part ni de sa stratégie, ni de sa réflexion sur le rapprochement de ses sièges et ses conséquences sur l'emploi ; je ne suis donc pas en mesure de les commenter.

La France souhaite, comme l'Allemagne, disposer d'un budget de la défense atteignant 2 % du PIB. Les enjeux liés aux OPEX, à la lutte contre le terrorisme et, selon le mot du général de Villiers, à la « remontée des États puissances », dont les avions et les sous-marins se promènent non loin des frontières de nos espaces maritime et aérien, nécessitent d'abandonner la politique de réduction des budgets de défense, en vigueur depuis le début des années 1990 et la chute du mur de Berlin. Les nouveaux programmes de défense, comme le SCORPION pour le domaine terrestre, l'éventuelle accélération des livraisons et la somme des besoins exprimés par les armées, auxquels répondent les industriels, poussent à une augmentation des dépenses de défense. La cible de 2 % du PIB est de plus en plus mise en avant en France, ce dont les adhérents du GICAT se réjouissent. Ceux-ci y répondront en tant qu'industriels. Les groupes franco-allemands voient avec intérêt le développement d'une communauté de vues entre les deux clients nationaux.

Les nombreuses PME du GICAT, autour des donneurs d'ordres, des intégrateurs et des maîtres d'oeuvre de véhicules ou de systèmes aéroterrestres, contribuent grandement à la chaîne de valeur. Nous les écoutons dans le cadre du GICAT, où domine la règle « une entreprise, une voix » ; en outre, les maîtres d'oeuvre adhèrent à des démarches que propulse le ministère de la Défense : le pacte Défense-PME, la surveillance de la part française de nos équipements et de nos achats – la part d'achats français auprès de PME du secteur dépasse 85 % dans le groupe Nexter –, le respect des relations commerciales, notamment du délai de paiement, l'élaboration de contrats loyaux.

Monsieur Boisserie, je suis venu en tant que président du GICAT et n'évoquerai donc pas la position de Nexter dans le dossier RTD, mais n'oublions pas que nous ne sommes en face que d'un projet. Volvo a annoncé son intention et a lancé la consultation des instances du personnel pour obtenir leur avis ; à ma connaissance, Volvo ne discute avec personne. Comme d'autres acteurs, Nexter regardera le moment venu l'opération qui pourrait se présenter. Les propos du ministre de la Défense s'inscrivent parfaitement dans la stratégie de consolidation européenne, qui constitue l'essence même du projet KNDS. RTD et Nexter participent avec Thales au programme SCORPION ; nos équipes travaillent tous les jours ensemble, les patrons de projet se voient tous les mois et les présidents tous les deux mois, et la direction générale de l'armement nous reçoit ensemble. Plus que partenaires, nous sommes complémentaires : ne faisons donc pas la même chose. RTD est en charge de la mobilité – roues, suspension, moteur grâce aux synergies qu'il peut tirer de son appartenance au groupe Volvo –, notamment pour le CAESAR et pour le VBCI ; Nexter, de son côté, s'occupe des armes, des munitions, des blindages, de la conception globale du système et de son intégration. Les gammes de produits des deux entreprises s'avèrent également complémentaires : RTD est spécialisée dans les blindés légers et moyens, quand Nexter fabrique des blindés plus lourds ainsi que le char de combat.

Il n'y a pas d'inquiétude à nourrir pour les sites de Limoges et de Bourg-en-Bresse, car chacun a ses compétences et ses spécificités. Le projet ne nécessite pas de réductions d'emplois, d'autant que les carnets de commandes des deux entreprises sont bien remplis.

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